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Leçon 4/5 8 min

Les altérations sur la portée

Reconnaître le dièse, le bémol et le bécarre écrits devant une note, et savoir jusqu'où leur effet se prolonge dans la mesure.

Objectifs

  • Reconnaître les signes dièse, bémol et bécarre sur une portée
  • Savoir qu'une altération s'écrit devant la note et vaut jusqu'à la fin de la mesure
  • Repérer une armure sans encore la déchiffrer

Écoute ces deux notes. La différence entre elles est toute petite, mais ton oreille va l'attraper.

Mélodie · 80 à la minute

La deuxième note est un tout petit peu plus haute que la première. L'écart entre les deux est le plus petit possible en musique : un demi-ton, la case juste à côté sur le clavier, la carte du territoire que tu connais. La première note est un fa. La seconde est un fa haussé d'un demi-ton : un fa dièse.

Regarde maintenant la portée de ce bloc. Les deux notes occupent la même position, le premier interligne, celui du fa. Normal : la deuxième reste un fa, juste un fa un peu relevé. Alors comment l'écriture fait-elle la différence ? Avec un petit signe placé devant la note, à sa gauche, à la même hauteur qu'elle. C'est curieux au premier abord : on dit « fa dièse », le nom puis le signe, mais on écrit le signe avant la note. L'écriture prévient l'œil avant que la note n'arrive, comme un panneau avant le virage.

Les trois signes

Ces petits signes s'appellent des altérations, parce qu'ils altèrent la note, autrement dit ils la modifient. Il y en a trois à connaître. Le dièse (♯) monte la note d'un demi-ton : la case juste au-dessus. Le bémol (♭) descend la note d'un demi-ton : la case juste en dessous. Le bécarre (♮) annule le dièse ou le bémol : la note redevient naturelle, celle de départ. Écoute un si, puis un si bémol :

Mélodie · 80 à la minute

Même position sur la portée, la troisième ligne, mais le petit ♭ devant la deuxième note l'a fait descendre d'un demi-ton. Ton oreille entend la note s'assombrir légèrement.

Jusqu'où va l'effet ? La portée de la mesure

Une partition est découpée en petites sections par des traits verticaux qui barrent la portée : les barres de mesure. Chaque section entre deux barres s'appelle une mesure ; c'est la respiration de la musique, tu l'étudieras de près dans le module sur le rythme. Ce qui nous intéresse ici, c'est une règle d'écriture : une altération vaut pour la note qu'elle précède, et aussi pour toutes les répétitions de cette même note jusqu'à la fin de la mesure. Pas besoin de redessiner le ♯ à chaque fois. La barre de mesure, elle, efface tout : après elle, les notes redeviennent naturelles.

Et si l'on veut annuler l'altération avant la fin de la mesure ? C'est le travail du bécarre. Écoute : fa, fa dièse, encore fa dièse sans nouveau signe, puis retour au fa naturel grâce au bécarre.

Mélodie · 90 à la minute

L'armure, en avant-goût

Un dernier détail, que tu croiseras sur presque toutes les partitions. Parfois, des dièses ou des bémols sont dessinés tout au début de la portée, juste après la clé, avant la première note. Ce petit groupe de signes s'appelle l'armure, et sa règle est plus large : un fa dièse à l'armure signifie que tous les fa du morceau seront dièses, du début à la fin, sans qu'on l'écrive jamais devant les notes. Pourquoi certains morceaux portent une armure et d'autres pas, et pourquoi tel morceau a deux dièses quand tel autre a trois bémols : réponse au module sur les gammes. Pour l'instant, savoir la reconnaître suffit.

À retenir

  • Le dièse (♯) monte la note d'un demi-ton, le bémol (♭) la descend d'un demi-ton, le bécarre (♮) annule l'altération.
  • Une altération s'écrit devant la note et vaut pour cette note jusqu'à la fin de la mesure ; la barre de mesure efface tout.
  • Des altérations écrites juste après la clé forment l'armure : elles valent pour tout le morceau (détails au module sur les gammes).