Aller au contenu
Leçon 5/5 8 min

Majeur ou mineur ?

Entendre ce qui sépare les deux ambiances et découvrir la note qui fait basculer tout un morceau, la tierce.

Objectifs

  • Reconnaître à l'oreille une mélodie majeure et sa version mineure
  • Expliquer le rôle de la tierce (4 ou 3 demi-tons) dans la couleur d'une gamme ou d'un accord
  • Entrevoir qu'il existe d'autres éclairages que le majeur et le mineur

Voici une mélodie que tu connais depuis toujours, « Ah ! vous dirai-je maman », chez do majeur :

Mélodie · 120 à la minute

Et maintenant la même. Même maison (do), même rythme, mêmes paroles si tu veux les chanter. Écoute ce qui arrive :

Mélodie · 120 à la minute

Le ciel s'est couvert. La comptine s'est changée en berceuse d'hiver. Pourtant, deux notes seulement ont bougé, chacune descendue d'un demi-ton : le mi est devenu mi♭, le la est devenu la♭. Deux touches, et toute l'ambiance bascule.

La note qui décide

Des deux notes déplacées, une pèse beaucoup plus lourd que l'autre : le mi, troisième note de la gamme. La distance entre la maison et cette troisième note s'appelle la tierce. Compte-la sur le clavier : de do à mi, quatre demi-tons ; de do à mi♭, trois. Quatre demi-tons, c'est la tierce majeure, celle qui ouvre « Oh When the Saints ». Trois demi-tons, c'est la tierce mineure, celle qui ouvre « Greensleeves ». Un seul demi-ton d'écart entre les deux, et c'est lui qui donne sa couleur à tout ce qui suit.

Écoute-les nues, l'une après l'autre :

Mélodie · 90 à la minute

Maintenant, écoute-les habillées. Voici trois notes jouées en même temps, do, mi et sol :

Accord · 80 à la minute

Puis les mêmes, avec mi♭ à la place de mi :

Accord · 80 à la minute

Une seule touche a changé, et l'ambiance entière du bloc sonore a suivi. Retiens la règle : la tierce décide. Quand elle est majeure, l'éclairage est franc ; quand elle est mineure, il se tamise.

Entraîner son oreille

Comment reconnaître le majeur du mineur en écoutant un morceau ? Deux appuis. D'abord l'impression globale : ouvert, franc, en pleine lumière, ou bien voilé, retenu, dans l'ombre. Méfie-toi seulement des étiquettes « joyeux » et « triste » : bien des danses endiablées sont mineures, et bien des adieux se chantent en majeur. Ensuite, l'appui précis : fredonne la maison, la note où le morceau se repose, puis monte jusqu'à la troisième note et compare avec tes deux repères, « Oh When the Saints » pour la tierce majeure, « Greensleeves » pour la mineure.

Refais le test avec les deux versions de la comptine en haut de la leçon : tu entendras le ciel se couvrir dès la cinquième note (le la devenu la bémol), puis la tierce confirmer la couleur quand arrive le mi bémol, aux dixième et onzième notes.

Et si on bougeait d'autres notes ?

Pour passer notre comptine en mineur, on a baissé la troisième note et la sixième. Mais rien n'oblige à s'arrêter là. Et si on ne baissait que la septième ? Et si on haussait la quatrième ? Chaque réglage éclaire la même pièce d'une lumière différente : plus dorée, plus étrange, plus dansante. Il existe sept éclairages de ce genre, on les appelle les modes, et le majeur comme le mineur en font partie. Tu en feras le tour complet au Palier 3.

Pour l'instant, tu tiens les deux principaux : tu sais les construire avec leurs recettes, lire leur armure commune, et les distinguer à l'oreille grâce à la tierce.

À retenir

  • La tierce, distance entre la tonique et la troisième note, décide de la couleur : quatre demi-tons pour le majeur, trois pour le mineur.
  • Une même mélodie change d'ambiance quand on déplace sa tierce (et souvent sa sixième note), sans changer de maison.
  • Majeur et mineur sont deux éclairages parmi sept : les modes, au programme du Palier 3.
Dernière leçon du module
Passer au quiz