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Leçon 3/5 7 min

Consonance et dissonance

Entendre pourquoi certains intervalles se fondent et d'autres frottent, et comprendre à quoi sert le frottement.

Objectifs

  • Reconnaître à l'oreille un intervalle qui se fond et un intervalle qui frotte
  • Classer les intervalles en consonances et dissonances
  • Entendre le trajet tension puis détente d'une dissonance qui se résout

Écoute cet intervalle harmonique, do et si joués ensemble.

Accord · 90 à la minute

Ça gratte, ça pique, on dirait que les deux notes se disputent. Maintenant celui-ci, do et sol :

Accord · 90 à la minute

Calme, lisse, fondu. Les deux notes semblent d'accord. Ces deux impressions ont des noms : quand les sons se fondent bien, on parle de consonance ; quand ils frottent, de dissonance.

Pourquoi ça frotte

Souviens-toi de la première leçon du palier : chaque note est une vibration régulière. Quand deux vibrations s'emboîtent simplement (dans l'octave, la note du haut vibre exactement deux fois plus vite que celle du bas), l'oreille les fond presque en un seul son. Quand elles se croisent sans jamais bien s'emboîter, on perçoit un frottement, une sorte de tremblement entre les deux. Rien de cassé, rien de faux : juste deux régularités qui se marchent un peu dessus.

Dans le tableau de la leçon précédente, le classement s'entend vite. Côté consonances : l'unisson, l'octave, la quinte, la quarte, puis les tierces et les sixtes, plus moelleuses. Côté dissonances : les secondes, les septièmes, et le triton. Écoute justement le triton, l'intervalle des trois tons :

Accord · 90 à la minute

Il flotte, il inquiète, il ne se pose nulle part. Il a été si mal vu pendant des siècles qu'on lui a fait une réputation de fauteur de troubles. Aujourd'hui, les musiques de film s'en régalent pour installer l'étrangeté. Une précision au passage : le frottement s'entend surtout en harmonique, quand les notes sonnent ensemble. Jouées l'une après l'autre, les mêmes notes passent très bien ; la mélodie transforme le frottement en élan.

La dissonance est du sel

On pourrait croire qu'une dissonance est une erreur à corriger. Les compositeurs la recherchent. Un morceau fait uniquement de consonances ressemble à un plat sans sel : propre, digeste, et vite ennuyeux. La dissonance assaisonne. Elle crée un manque, une attente, et cette attente donne envie d'entendre la suite.

C'est le mécanisme le plus utile de toute la musique : tension, puis détente. Une dissonance appelle une consonance ; quand elle arrive, l'oreille respire. Fais l'expérience. Réécoute do et si, la septième majeure, celle qui pique :

Accord · 90 à la minute

Le si est à un demi-ton du do d'en haut : une octave ratée d'un demi-ton. Il tire vers le haut, il veut monter. Donne-lui satisfaction :

Accord · 90 à la minute

Le si a rejoint le do, la tension s'est dénouée. Tu viens d'entendre en deux accords ce que les morceaux font en grand : semer des frottements, puis les résoudre. La prochaine fois que tu écoutes une musique qui te tient en haleine, cherche les dissonances ; ce sont elles qui tiennent la corde tendue.

À retenir

  • Consonance : les deux sons se fondent (unisson, octave, quinte, quarte, tierces, sixtes). Dissonance : ils frottent (secondes, septièmes, triton).
  • Le frottement vient de deux vibrations qui s'emboîtent mal ; il s'entend surtout quand les notes sonnent ensemble.
  • La dissonance sert à créer une tension qui appelle une détente : c'est le sel de la musique, à doser, jamais à bannir.