Harmoniser la gamme
Construire un accord sur chaque note de la gamme majeure, sans en sortir, et découvrir la famille I ii iii IV V vi vii°.
Objectifs
- Construire une triade sur chaque degré de la gamme majeure avec les seules notes de la gamme
- Retenir la suite I ii iii IV V vi vii° et sa version en septièmes
- Expliquer pourquoi certains degrés donnent un accord majeur et d'autres un accord mineur
Voici un escalier que tu connais bien, la gamme de do majeur :
Gamme · 110 à la minute
Aujourd'hui, jeu de construction avec une seule règle : interdiction de sortir de la gamme. Pose-toi sur chaque marche et empile un accord par-dessus, en piochant uniquement dans les sept notes de do majeur. La recette des triades ne change pas : la note de départ, puis une note sur deux, soit les notes 1, 3 et 5 en comptant depuis la marche. Sur do : do, mi, sol. Sur ré : ré, fa, la. Et ainsi de suite jusqu'à si.
Écoute le résultat, les sept accords montés marche par marche, puis la maison retrouvée à l'octave :
Mélodie · 130 à la minute
Ce jeu porte un nom : harmoniser la gamme, c'est-à-dire donner à chaque note de la gamme son accord attitré. Et ton oreille vient de faire la découverte du jour : sans rien décider, tu as fabriqué des accords majeurs, des accords mineurs, et un dernier franchement bancal.
L'inventaire, marche par marche
Sur do : do majeur. Sur ré : ré mineur. Sur mi : mi mineur. Sur fa : fa majeur. Sur sol : sol majeur. Sur la : la mineur. Sur si : si diminué. En chiffres romains, avec la casse apprise à la leçon précédente, la gamme majeure s'harmonise donc ainsi :
I · ii · iii · IV · V · vi · vii°
Trois majeurs (I, IV, V), trois mineurs (ii, iii, vi), un diminué (vii°). Ce dessin est le même dans les douze gammes majeures. Harmonise sol majeur et tu obtiens G, Am, Bm, C, D, Em, F#° : d'autres noms, le même dessin.
Pourquoi majeur ici et mineur là
Tu n'as rien choisi : la gamme a choisi pour toi. Empiler les notes 1, 3 et 5 revient à empiler deux tierces, et la gamme majeure ne distribue pas ses distances au hasard. Selon la marche de départ, la première tierce disponible tombe majeure ou mineure. De do à mi, quatre demi-tons : tierce majeure, accord majeur. De ré à fa, trois demi-tons : tierce mineure, accord mineur. Voilà tout le secret : la couleur de chaque degré découle des distances de la gamme, et de rien d'autre.
Le cas de si mérite un arrêt. Au-dessus de si, la gamme livre deux tierces mineures, si-ré puis ré-fa, et la quinte du sommet, de si à fa, est diminuée. L'accord si-ré-fa est donc diminué, d'où le petit rond de vii°. C'est l'accord le plus instable de la famille, celui qui ne tient pas debout tout seul.
L'étage des septièmes
Tu sais déjà ajouter un étage aux triades : une tierce de plus, la note 7 en comptant depuis la marche. Refais le jeu avec quatre notes et la gamme livre : Imaj7 · iim7 · iiim7 · IVmaj7 · V7 · vim7 · viiø. Rappel de lecture : maj7 se dit « majeur sept » (septième majeure, douce), m7 « mineur sept », 7 tout court désigne la septième de dominante, et ø le semi-diminué.
Écoute trois étages remarquables. Le Imaj7, la maison avec son étage doux :
Accord · 90 à la minute
Le V7, ta vieille connaissance : la septième de dominante et sa tension qui veut résoudre.
Accord · 90 à la minute
Regarde bien la liste : une seule marche de toute la gamme fabrique cet accord-là. C'est le V, et ça tombe bien : cette tension unique fait de lui la porte entrouverte de la tonalité. La prochaine leçon en fait son affaire.
Enfin le viiø, « si semi-diminué », le plus fragile de tous :
Accord · 90 à la minute
À retenir
- Harmoniser la gamme, c'est construire un accord sur chacune de ses notes en n'utilisant que les notes de la gamme.
- Gamme majeure : I ii iii IV V vi vii° ; en septièmes : Imaj7, iim7, iiim7, IVmaj7, V7, vim7, viiø. Le dessin est identique dans les douze tonalités.
- La couleur de chaque degré vient des distances de la gamme : la tierce disponible au-dessus de chaque marche décide majeur, mineur ou diminué.