Les degrés
Numéroter les accords de la gamme en chiffres romains pour écrire la même histoire dans toutes les tonalités.
Objectifs
- Numéroter les degrés d'une gamme de I à vii
- Lire la casse des chiffres romains, majuscule pour majeur, minuscule pour mineur
- Transposer une suite d'accords d'une tonalité à l'autre grâce aux degrés
Écoute ce petit trajet en do majeur :
Mélodie · 100 à la minute
Maintenant le même trajet, déménagé en sol majeur :
Mélodie · 100 à la minute
Les notes ont presque toutes changé. Pourtant ton oreille est formelle : même histoire. On part de la maison, on s'éloigne, une tension s'installe, on rentre. Deux tonalités, un seul scénario. Il nous faudrait donc une écriture qui note le scénario plutôt que les notes. Elle existe, et elle tient en sept chiffres romains.
Numéroter les marches
Tu connais la gamme majeure : sept notes, comme un escalier qui monte de la tonique à la tonique. Donne un numéro à chaque marche. La tonique porte le numéro 1, la note suivante le 2, et ainsi de suite jusqu'à 7. Ce rang d'une note dans sa gamme s'appelle son degré.
Pour les accords, on écrit ces numéros en chiffres romains, ceux des horloges anciennes : I, II, III, IV, V, VI, VII. L'accord construit sur la première marche se note I ; celui construit sur la cinquième marche se note V. En do majeur, le I est do majeur (C) et le V est sol majeur (G). En sol majeur, le I devient sol majeur et le V devient ré majeur. Le chiffre suit le rôle, jamais la note.
Majuscule ou minuscule : la casse dit la couleur
Les chiffres romains ont une astuce de plus : leur taille. Un chiffre en majuscule (I, IV, V) désigne un accord majeur. Un chiffre en minuscule (ii, iii, vi) désigne un accord mineur. Écoute la différence en do majeur. L'accord du premier degré, majeur, donc écrit I :
Accord · 90 à la minute
L'accord du sixième degré, mineur, donc écrit vi :
Accord · 90 à la minute
Un dernier symbole complète la panoplie : un petit rond en exposant, comme dans vii°, signale un accord diminué. Tu découvriras à la prochaine leçon pourquoi ce degré-là, et lui seul, reçoit ce traitement. Quand un musicien écrit I, vi, IV, V, chaque chiffre te dit donc deux choses d'un coup : la marche de départ et la couleur de l'accord.
Pourquoi ce système est génial
Écris une chanson avec des noms d'accords, C, F, G, C : ta partition ne vaut que pour le do majeur. Le jour où la chanteuse la veut plus grave, tout est à réécrire. Écris-la en degrés, I, IV, V, I : elle se joue dans les douze tonalités sans changer une ligne. Tu choisis une nouvelle maison, chaque accord retrouve sa marche, et l'histoire reprend. Pour t'en convaincre, voici le trajet du début une troisième fois, en fa majeur cette fois :
Mélodie · 100 à la minute
C'est aussi la langue commune des musiciens. Dire « un blues, ça tourne sur I, IV et V » suffit pour jouer ensemble dans n'importe quelle tonalité, sans partition. Et pour toi, ce système va transformer l'écoute : au lieu de retenir des centaines de suites d'accords différentes, tu vas reconnaître quelques trajets qui reviennent partout, sous tous les déguisements.
La prochaine leçon fabrique ces sept accords pour de vrai, marche par marche, avec les seules notes de la gamme.
À retenir
- Le degré est le rang d'une note dans sa gamme, de 1 à 7 ; l'accord construit dessus se note en chiffre romain.
- Majuscule = accord majeur (I, IV, V) ; minuscule = accord mineur (ii, iii, vi) ; le petit rond de vii° = accord diminué.
- Les degrés notent le rôle, jamais la note : une suite écrite en degrés se joue telle quelle dans les douze tonalités.