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Leçon 4/5 9 min

Les cadences

Découvrir la ponctuation de la musique, quatre façons de finir une phrase, du point final à la surprise.

Objectifs

  • Reconnaître à l'oreille les cadences parfaite, plagale, rompue et la demi-cadence
  • Associer chaque cadence à sa ponctuation (point final, point doux, suspension, surprise)
  • Écrire chaque cadence en degrés (V→I, IV→I, …→V, V→vi)

Écoute cette phrase. Elle s'arrête, mais quelque chose cloche :

Mélodie · 100 à la minute

Le silence après le dernier accord te démange : la phrase s'est arrêtée sur la porte entrouverte, et personne ne l'a refermée. Ce que tu ressens là, les musiciens l'organisent depuis des siècles. Une phrase musicale, comme une phrase parlée, a besoin de ponctuation : des formules d'accords qui disent « c'est fini », « respire un peu », ou « attends la suite ». Ces formules de fin de phrase s'appellent des cadences, et il y en a quatre à connaître.

La cadence parfaite : le point final

V puis I : la porte se referme sur la maison. Écoute la porte :

Accord · 90 à la minute

puis sa fermeture :

Accord · 90 à la minute

Rien ne conclut plus fort. La tension du V7 (son fa qui veut glisser vers mi, son si qui veut monter vers do) se résout exactement là où l'oreille l'attendait. La toute fin d'un morceau, dans la chanson comme dans la musique classique, passe le plus souvent par ce point final : V → I, la cadence parfaite.

La demi-cadence : les points de suspension

Reviens à l'extrait du début : la phrase s'y arrêtait sur le V, porte ouverte. C'est une fin provisoire, des points de suspension : la musique marque une pause et promet une suite. On l'appelle demi-cadence, la moitié d'une conclusion. Les morceaux s'en servent pour construire des questions-réponses : une première phrase s'arrête sur V et pose la question, la seconde répond par V → I. Réécoute l'accroche, puis le couple porte-maison juste au-dessus : d'abord la question, enfin sa réponse.

La cadence plagale : le point doux

IV puis I : on rentre du voyage sans passer par la porte, par le jardin en quelque sorte.

Mélodie · 90 à la minute

Pas de tension à résoudre, donc une conclusion plus douce, plus solennelle aussi. C'est la cadence des « amen » chantés à la fin des hymnes religieux, au point qu'on la surnomme la cadence « amen ». Un vrai point, mais posé avec douceur : la cadence plagale.

La cadence rompue : la surprise

Dernier tour, le plus joueur. La porte s'ouvre... et débouche sur vi, le cousin mélancolique, alors que tout annonçait la maison :

Mélodie · 90 à la minute

L'oreille attendait do majeur, elle reçoit la mineur : le point d'exclamation raté. On l'appelle cadence rompue, parce que la résolution promise se rompt au dernier moment. Aucune erreur là-dedans : la surprise est calculée, et elle ne fonctionne que parce que ton oreille connaît le trajet normal. Les compositeurs l'adorent pour relancer un morceau : tu croyais arriver, l'histoire repart pour un tour, et la vraie cadence parfaite n'en sera que plus savoureuse quand elle viendra.

Maintenant que ces quatre signes ont un nom, tu vas les entendre partout : la demi-cadence au milieu des couplets, la parfaite à la fin, la plagale dans les fins douces, la rompue quand un morceau te fait durer le plaisir. La prochaine leçon assemble des trajets entiers, si efficaces qu'ils portent des noms et traversent tous les styles.

À retenir

  • Une cadence est la ponctuation d'une phrase musicale : une formule d'accords qui conclut, suspend ou surprend.
  • V → I : la cadence parfaite, le point final. IV → I : la cadence plagale, le point doux des « amen ».
  • S'arrêter sur V : la demi-cadence, des points de suspension. V → vi : la cadence rompue, la surprise, on attendait la maison.