Les progressions célèbres
Reconnaître trois trajets d'accords qui traversent la pop, le jazz et le blues, et les repérer dans ce qu'on écoute.
Objectifs
- Identifier la boucle pop I-V-vi-IV et la jouer en do (C, G, Am, F)
- Identifier le ii-V-I du jazz en septièmes (Dm7, G7, Cmaj7 en do)
- Retenir la grille de blues en douze mesures et son plan I I I I / IV IV I I / V IV I I
Écoute cette boucle de quatre accords, jouée deux fois :
Mélodie · 120 à la minute
Si elle te dit quelque chose, c'est normal : tu l'as entendue des centaines de fois, dans des chansons qui n'ont rien à voir entre elles. En degrés : I, V, vi, IV. En do majeur : C, G, Am, F. La maison, la porte, le cousin mélancolique, le voyage... et on repart. La boucle ne se referme jamais tout à fait, puisqu'elle finit sur IV au lieu de rentrer sur I : c'est ce qui donne envie de la rejouer encore.
I-V-vi-IV : la boucle pop
Cette suite porte bien son surnom de boucle pop. Let It Be des Beatles, Don't Stop Believin' de Journey, Someone Like You d'Adele la parcourent, chacune dans sa tonalité. Voilà la récompense de la leçon sur les degrés : trois chansons, trois tonalités, une seule formule. Quand tu écoutes la radio, cherche-la : quatre accords qui tournent en rond, une teinte douce-amère au troisième, tu la tiens.
ii-V-I : la politesse du jazz
Direction le jazz. Avant de rentrer à la maison, le jazz s'annonce : le ii prépare le terrain, le V ouvre la porte, le I accueille. Voyage, porte, maison : le trajet complet des fonctions, condensé en trois accords. Et comme le jazz parle en septièmes, écoute-le dans sa langue. D'abord Dm7, « ré mineur sept » :
Accord · 90 à la minute
Puis G7, « sol sept », la porte :
Accord · 90 à la minute
Enfin Cmaj7, « do majeur sept », la maison avec son étage doux :
Accord · 90 à la minute
Ce petit enchaînement est la formule de politesse du jazz : on ne débarque pas chez les gens sans frapper. Les standards en sont cousus : Autumn Leaves (Les Feuilles mortes) en enchaîne toute une chaîne, Fly Me to the Moon aussi. Repère la sensation « on s'annonce, on entre, on est reçu » : une fois entendue, tu la retrouveras dans presque tout le jazz.
Le blues : douze mesures
Troisième monument, le blues. Son plan tient sur douze mesures, toujours les mêmes : quatre à la maison, deux en voyage, retour pour deux, puis la porte, un dernier pas de voyage, et retour.
I I I I / IV IV I I / V IV I I
Ce plan s'appelle une grille : le tableau des accords d'un morceau, mesure par mesure. Écoute le trajet des fondamentales, la note de base de chaque accord, une par mesure :
Mélodie · 140 à la minute
Des milliers de morceaux habitent ces douze mesures : Johnny B. Goode de Chuck Berry, Hound Dog par Elvis Presley. Même château, meubles différents. Coquetterie du style : le blues joue souvent tous ses accords en septième de dominante (C7, F7, G7), même la maison. Ce frottement permanent fait sa couleur, reconnaissable entre mille.
Tu possèdes maintenant trois grilles de lecture qui couvrent une part énorme de ce que tu écoutes. Le jeu, dès aujourd'hui : devant une chanson, trouve la maison, l'accord où tout se pose, puis suis le trajet. Une boucle de quatre accords qui tourne sans fin : sans doute I-V-vi-IV. Trois accords polis qui rentrent chez eux : ii-V-I. Douze mesures qui repartent sans cesse : un blues.
À retenir
- I-V-vi-IV, la boucle pop : en do, C, G, Am, F ; elle tourne en boucle et se cache dans des centaines de chansons.
- ii-V-I, la politesse du jazz : en do et en septièmes, Dm7, G7, Cmaj7 ; voyage, porte, maison en trois accords.
- Le blues tient en douze mesures : I I I I / IV IV I I / V IV I I, souvent joué tout en accords de septième de dominante.