La quatrième note
Empiler une tierce de plus sur la triade et découvrir les accords de septième, du noir et blanc à la couleur.
Objectifs
- Construire un accord de septième en empilant une tierce au-dessus de la triade
- Entendre ce que la quatrième note change par rapport à la triade
- Savoir qu'il existe cinq accords de septième courants, aux couleurs très différentes
Écoute un accord que tu connais par cœur.
Accord · 90 à la minute
Do majeur. Trois notes, net, solide, sans mystère. Maintenant, la même chose avec une seule note en plus.
Accord · 90 à la minute
Tout a changé. L'accord flotte, il rêvasse, il a l'air de penser à autre chose. Une seule note a suffi. Cette leçon raconte d'où elle vient, et pourquoi elle transforme autant le paysage.
La recette continue
Souviens-toi de la recette des triades : on empile des tierces. Do, puis une tierce au-dessus, mi, puis une tierce au-dessus, sol. Fondamentale, tierce, quinte. Trois étages.
La quatrième note applique la même recette une fois de plus : une tierce au-dessus de sol, c'est si. L'empilement devient do, mi, sol, si. Quatre étages, toujours espacés de tierces.
Reste à nommer la nouvelle venue. Compte le rang de si depuis do, comme tu l'as appris avec les intervalles : do, ré, mi, fa, sol, la, si. Sept noms, donc une septième. La quatrième note de l'accord se trouve à une septième de la fondamentale, et c'est elle qui donne son nom à toute la famille : les accords de septième. Écoute la construction marche par marche, puis avec la quatrième :
Mélodie · 90 à la minute
Pourquoi ça enrichit
Avec trois notes, une triade répond surtout à une question : majeur ou mineur, clair ou sombre. C'est déjà beaucoup, mais c'est un monde en noir et blanc.
La septième apporte la couleur. Elle ne change pas la réponse majeur ou mineur : do, mi, sol restent en place. Elle ajoute une humeur par-dessus : rêveuse, tendue, feutrée, inquiète. Deux accords peuvent partir de la même triade et raconter des histoires très différentes selon la septième qu'on pose au sommet. Les musiciens de jazz et de pop s'en servent en permanence : dans leurs grilles, ces partitions résumées en noms d'accords, les accords de quatre notes sont la norme.
Le panorama des cinq couleurs
Sur la même note do, on peut construire cinq accords de septième courants. Écoute-les à la suite, arpégés du grave vers l'aigu, sans chercher à les nommer. Contente-toi de sentir le trajet : ça commence doux et clair, ça se voile peu à peu, et ça finit franchement inquiétant.
Mélodie · 110 à la minute
Cinq départs identiques, cinq ambiances. Le premier rêvasse, le deuxième pousse en avant, le troisième ronronne, le quatrième s'assombrit, le dernier retient son souffle. Toutes ces couleurs sortent du même principe : quelle triade en bas, quelle septième en haut.
Les prochaines leçons donnent un nom et une carte d'identité à chacune de ces couleurs. D'abord les deux douces, puis la grande nerveuse, puis les deux ombres.
À retenir
- Un accord de septième s'obtient en empilant une tierce de plus au-dessus de la triade : quatre notes au lieu de trois.
- La quatrième note se trouve à une septième de la fondamentale, d'où le nom de la famille.
- La triade dit majeur ou mineur ; la septième ajoute la couleur. Il existe cinq accords de septième courants sur une même note.