Aller au contenu
Leçon 3/4 8 min

La septième de dominante

Rencontrer X7, l'accord qui fabrique la tension, découvrir le triton caché dedans et entendre G7 se refermer sur C.

Objectifs

  • Construire un accord de septième de dominante (triade majeure + septième mineure)
  • Repérer le triton caché dans G7 et comprendre pourquoi il veut bouger
  • Entendre la tension de G7 se résoudre sur C

Écoute cet accord, puis laisse le silence s'installer après lui. Surtout, écoute le silence.

Accord · 80 à la minute

Quelque chose cloche, non ? L'accord ne se repose pas. Il se penche en avant, comme une phrase interrompue au milieu d'un mot, et le silence qui suit paraît vide, presque inconfortable. Cet accord attend une suite. Toute cette leçon tourne autour de cette attente.

La recette de la tension

L'accord que tu viens d'entendre est G7 : sol, si, ré, fa. Sa recette mélange les deux leçons précédentes : une triade majeure en bas, sol, si, ré, et une septième mineure au sommet, dix demi-tons au-dessus de la fondamentale, qui mène de sol à fa. Sur do, la même recette donne C7 : do, mi, sol, si bémol.

Une base claire et confiante, un sommet qui la contredit : ce mélange fabrique un accord qui pousse en avant. C'était la deuxième couleur du panorama, celle qui ne tenait pas en place.

Le passager clandestin

D'où vient cette bougeotte ? Regarde les quatre notes de G7 et mesure la distance entre si et fa : six demi-tons. Six demi-tons, tu connais : le triton, l'intervalle du générique des Simpsons, le plus instable du clavier. Écoute-le tout nu, extrait de l'accord :

Accord · 80 à la minute

Voilà le passager clandestin. Caché entre la tierce et la septième de G7, ce frottement travaille l'accord de l'intérieur. Et il ne demande qu'une chose : se détendre. Chacune de ses deux notes a une voisine toute proche où se poser. Fa descend d'un demi-ton vers mi. Si monte d'un demi-ton vers do. Deux glissements minuscules, et le triton se dissout dans une tierce paisible de l'accord de do majeur.

La porte se referme

Autrement dit, G7 pointe du doigt vers l'accord de do. Écoute le trajet, d'abord note à note, en suivant fa qui descend et si qui monte :

Mélodie · 90 à la minute

Puis les deux accords plaqués, tension et détente :

Accord · 90 à la minute

Accord · 90 à la minute

Tu reconnais la sensation : la porte entrouverte qui se referme, le voyage qui rentre à la maison. Rejoue les deux blocs à la suite, puis arrête-toi sur G7 seul : ton oreille réclame le second. Cette paire tension puis repos est le ressort le plus utilisé de toute la musique occidentale, des musiques d'église aux génériques de dessins animés.

Pourquoi « de dominante »

Reste le nom. En do majeur, sol est la cinquième note de la gamme, celle qu'on appelle la dominante : la porte entrouverte qui demande à être refermée. L'accord de septième construit sur cette note en hérite : septième de dominante. En grille, on écrit simplement G7, C7, D7 : la lettre, le 7, rien d'autre.

Ce rôle de porte, et toute la distribution des rôles qui va avec, mérite mieux qu'un paragraphe : le module suivant lui est consacré. Pour l'instant, retiens le geste : quand tu entends un accord qui se penche en avant, cherche le triton caché dedans, et écoute vers quelle maison il veut rentrer.

À retenir

  • La septième de dominante (G7, C7…) empile une triade majeure et une septième mineure : sol, si, ré, fa pour G7.
  • Sa tension vient d'un triton caché entre la tierce et la septième : dans G7, si et fa, qui glissent chacun d'un demi-ton vers do et mi.
  • G7 appelle l'accord de do : la porte entrouverte se referme. Le nom vient de la cinquième note de la gamme, la dominante.