La gamme majeure
Construire n'importe quelle gamme majeure avec la recette 2-2-1-2-2-2-1 et comprendre pourquoi elle sonne comme un retour à la maison.
Objectifs
- Construire une gamme majeure depuis n'importe quelle note avec la recette 2-2-1-2-2-2-1
- Expliquer pourquoi do majeur ne joue que des touches blanches
- Retrouver le fa dièse de sol majeur en appliquant la recette
Écoute cette suite de notes, et surtout écoute ce qui se passe à la fin :
Mélodie · 100 à la minute
Quelque chose reste en suspens. Ton oreille attend une note de plus, comme une phrase interrompue juste avant le dernier mot. Voici la même suite, complète :
Gamme · 100 à la minute
Cette fois, ça se pose. La dernière note referme la porte : on est arrivé. Cette suite qui grimpe d'une note jusqu'à la même note une octave plus haut (le même nom de note, huit marches plus loin) s'appelle une gamme. Et la note de départ et d'arrivée, celle qui donne cette impression de repos, s'appelle la tonique. Retiens l'image, elle va nous servir pendant tout le cours : la tonique, c'est la maison. Un morceau voyage, s'éloigne, prend des détours, et finit presque toujours par rentrer à la maison.
La recette
La gamme que tu viens d'entendre part de do et ne joue que des touches blanches. Regarde-la sur le clavier, ta carte du territoire, et compte les distances entre chaque note en demi-tons. Rappel du module sur les intervalles : le demi-ton est le plus petit pas du clavier, la distance entre deux touches voisines, qu'elles soient blanches ou noires.
De do à ré, une touche noire s'intercale : deux demi-tons. De ré à mi, pareil : deux. De mi à fa, aucune touche noire entre les deux : un seul demi-ton. Puis fa-sol : deux. Sol-la : deux. La-si : deux. Et de si à do, de nouveau un demi-ton. Mis bout à bout, le trajet donne :
2 - 2 - 1 - 2 - 2 - 2 - 1
C'est la recette de la gamme majeure. Additionne : douze demi-tons, soit exactement une octave. La recette te ramène pile à la maison, un étage plus haut.
Pourquoi do majeur n'a que des touches blanches
Le clavier a été dessiné autour de cette gamme. Les deux endroits où la recette demande un demi-ton, entre la troisième et la quatrième note puis entre la septième et la huitième, tombent pile là où le clavier n'a pas mis de touche noire : entre mi et fa, entre si et do. Autrement dit, les touches blanches suivent déjà la recette majeure quand on part de do. Do majeur est la seule gamme majeure entièrement blanche.
La même recette depuis sol
Que se passe-t-il si on garde la recette mais qu'on change de maison ? Partons de sol et comptons : sol, plus deux demi-tons, la ; plus deux, si ; plus un, do ; plus deux, ré ; plus deux, mi. Jusque-là, que des touches blanches. Mais la recette demande maintenant un pas entier, deux demi-tons. Or de mi à fa, il n'y en a qu'un seul. Il faut monter plus haut que fa, sur la touche noire juste au-dessus : le fa dièse (noté fa♯), c'est-à-dire un fa haussé d'un demi-ton. Puis un dernier demi-ton, de fa♯ à sol : la maison.
Gamme · 100 à la minute
Et si on trichait ? Voici la même montée depuis sol, mais avec un fa ordinaire à la place du fa♯ :
Gamme · 100 à la minute
Compare les deux fins. Avec le fa♯, l'avant-dernière note pousse vers la maison et l'arrivée est nette. Avec le fa ordinaire, la marche vers sol perd son élan : on arrive, mais mollement. Ce fa♯ fait partie de la gamme de sol au même titre que les autres notes : la recette l'exige.
Douze maisons
La recette fonctionne depuis n'importe laquelle des douze cases du clavier. Pars de ré, de mi♭ ou de si : compte 2-2-1-2-2-2-1 et tu obtiens à chaque fois une gamme majeure, qui prend le nom de sa tonique. Douze maisons possibles, une seule recette. Certaines gammes utiliseront une touche noire, d'autres cinq ; toutes sonneront comme celle de do, juste plus haut ou plus bas.
À retenir
- Une gamme majeure suit toujours la recette 2-2-1-2-2-2-1, comptée en demi-tons.
- La tonique est la note de départ et d'arrivée : la maison, celle qui donne son nom à la gamme.
- Do majeur ne joue que des touches blanches parce que les demi-tons du clavier tombent pile où la recette les demande ; depuis sol, la recette impose un fa♯.