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Leçon 2/4 7 min

La mineure mélodique

Adoucir la montée de la mineure harmonique en haussant aussi la sixième note. La gamme mineure mélodique, que le jazz garde dans les deux sens.

Objectifs

  • Construire la gamme mineure mélodique ascendante en haussant les sixième et septième notes
  • Expliquer pourquoi la descente revient souvent à la mineure naturelle
  • Situer la mineure mélodique à une seule note de la gamme majeure

Écoute une mélodie qui grimpe vers la maison avec la gamme de la leçon précédente, la mineure harmonique :

Mélodie · 90 à la minute

Tu l'entends, ce saut entre fa et sol♯ ? Trois demi-tons à enjamber entre deux notes voisines. Pour une couleur dramatique, parfait. Mais essaie de chanter cette montée : la voix trébuche sur la marche géante. Les compositeurs qui écrivaient pour des chanteurs voulaient garder la sensible, ce sol♯ qui penche vers la maison, sans imposer l'enjambée. Comment lisser la montée ?

Hausser une deuxième note

La solution tient en un dièse de plus : hausser aussi la sixième note. Fa devient fa♯, et l'escalier retrouve des marches régulières :

Gamme · 100 à la minute

Voici la gamme mineure mélodique : la mineure naturelle avec les sixième et septième notes haussées, recette 2-1-2-2-2-2-1 en demi-tons. Mélodique, parce qu'elle est née du besoin des mélodies, comme l'harmonique était née du besoin des accords. Compte les pas : plus aucune seconde augmentée, la montée coule jusqu'à la maison.

Monter habillé, redescendre relâché

En redescendant, la situation change. La sensible n'a qu'un seul métier : pencher vers la tonique du dessus quand on monte vers elle. Quand la mélodie descend, elle s'éloigne de la maison, et sol♯ ne sert plus à rien ; fa♯ non plus, lui qui n'était là que pour adoucir le chemin vers sol♯. Alors, très souvent, on relâche tout et on redescend par la mineure naturelle :

Gamme · 100 à la minute

Monter en mélodique, redescendre en naturelle : l'usage est si répandu dans la musique classique que beaucoup de manuels présentent la gamme sous cette forme à double sens. Retiens l'idée plutôt que la règle : on hausse quand on a besoin de la sensible, on relâche quand on n'en a plus besoin.

Le jazz ne redescend pas

Les musiciens de jazz ont tranché autrement : ils gardent la mélodique telle quelle dans les deux sens, en montant comme en descendant. Pour eux, ces sept notes forment une couleur à part entière, à mi-chemin entre l'ombre et la lumière, qu'on appelle parfois la mineure mélodique jazz. Écoute ce qu'elle donne quand on s'y promène librement :

Mélodie · 95 à la minute · avec bourdon

Un mineur étonnamment lumineux. Et pour cause : compare avec la gamme de la majeur, la si do♯ ré mi fa♯ sol♯. Une seule note les sépare, la tierce. La mineure mélodique ressemble à une gamme majeure dont on aurait tamisé la troisième note : tout le haut de la gamme brille comme du majeur, seule la tierce garde l'ombre.

Tu connais désormais les trois visages du mineur : la naturelle pour la couleur de base, l'harmonique pour les cadences, la mélodique pour les montées chantables. Les trois se mélangent sans cesse dans les vrais morceaux, parfois à l'intérieur de la même mesure ; le choix se fait note par note, selon que la phrase monte, descend ou prépare une cadence.

À retenir

  • La mineure mélodique ascendante hausse les sixième et septième notes de la naturelle (recette 2-1-2-2-2-2-1) : la sensible sans la seconde augmentée.
  • En descendant, on revient souvent à la mineure naturelle, car la sensible ne sert qu'en montant vers la maison.
  • Le jazz garde la mélodique dans les deux sens et la traite comme une couleur à part entière, à une seule note de la gamme majeure.